Isabelle Coisy
Une atypique au service des atypiques.
Mon cabinet s'est construit au fil de mes expériences personnelles, lorsque je me suis cognée au cadre ou que je me suis trouvée face à un mur, pour accompagner mes propres enfants.
J'ai tout simplement créé ce que j'aurais aimé trouver quand j'en ai eu besoin.
Pourquoi je fais ce métier ?
Tout a commencé en 2016, ma fille a alors 13 ans. Elle ne va plus au collège depuis la rentrée de 4e. Elle dort 15 heures par jour, elle ne sort plus de sa chambre, elle a tout abandonné.
Nous, on fait le tour des cabinets.
- Psychologue scolaire : "C'est de l'anxiété."
- Psy en libéral : "Elle refuse l'école, c'est un trouble opposi... euh, anxieux."
- Pédopsy : "Trouble anxieux avec évitement."
Bref. Le diagnostic est tranché sans autre recherche, anxiété généralisée.
Mais ce n'est pas pour autant que ce qu'on nous propose fonctionne.
TCC : rien. Méditation : rien. Exposition progressive : rien. En fait, pire. Plus on insiste pour qu'elle retourne en cours, plus elle s'effondre.
Et puis un jour, une psychiatre du CMP de notre secteur me dit, je cite : "Mettez-la sous traitement pour qu'elle retourne au lycée. Si vous refusez, on l'hospitalisera."
Je n'ai pas laissé faire. Depuis quand doit-on médicaliser nos enfants pour qu'ils puissent se soumettre à l'obligation scolaire en présentiel ?
Les années passent, le CNED, des améliorations ... Retour au lycée en présentiel, et puis la rechute 6 mois après.
Je programme une consultation chez un médecin qui nous regarde à peine et lâche : "Elle finira en ESAT. N'espérez pas mieux."
Ma fille est assise à côté de moi. Elle entend. 16 ans. ESAT. Voilà son avenir. Super.
Je suis sortie du cabinet et j'ai compris : personne ne viendrait nous sauver. Personne ne comprenait ce qui se jouait. Si je voulais des outils qui marchent, j'allais devoir me débrouiller toute seule.
Alors, j'ai chercher, j'ai lu et j'ai compris qu'on était passé à côté d'un élément ESSENTIEL à la compréhension de ce qui se jouait réellement : le diagnostic de HPI hétérogène n'expliquait rien en réalité. C'est du côté de l'autisme qu'il fallait chercher.
Je vous épargne l'année de galère pour trouver un professionnel compétent qui serait en mesure de nous proposer ce parcours sans trop de heurts. Mais le diagnostic est enfin tombé, j'avais raison.
Elle était donc en effondrment autistique depuis son collège, pas en crise d'anxiété de séparation.
Puis, je me suis formée : diagnostic de l'autisme, accompagnement du TSA et du TDAH, Job coaching TSA, théorie polyvagale, thérapie des schémas, ACT, tout ce que je pouvais trouver d'utile. Pas pour devenir thérapeute – juste pour avoir les outils que personne ne nous donnait.
Aujourd'hui, ma fille a 22 ans. Elle vit sa vie, elle va mieux. Pas parce qu'elle a "surmonté son anxiété" mais parce qu'on a arrêté de la forcer à tenir dans un environnement qui l'épuisait.
Entre-temps, je me suis reconnue dans cette histoire. Ma fille est autiste. Je suis autiste. (Diagnostic en cours, mais franchement, ça fait 40 ans que je sais.)
Mon métier existe pour que vous n'erriez pas pendant 6 ans comme nous. Pour que personne ne vous dise "finira en ESAT" comme une fatalité. Pour que vous ayez les outils. Pour que vous compreniez. Pour que vous arrêtiez de croire que c'est vous le problème.
Envie de comprendre ce qui se joue vraiment pour nos atypiques ?
Vous trouverez les réponses à vos questions dans ces articles
PARTIE 1 : Le mystère de la phobie scolaire qui ne guérit pas
[Dossier] Pourquoi votre ado ne retourne pas à l'école même avec un psy : l'effondrement qu'on appelle "phobie scolaire" est l'aboutissement d'un trauma qui s'est construit pendant des années
PARTIE 2 : Pourquoi les mois de thérapie ne changent rien à l'école
[Dossier] Trauma complexe, burnout, effondrement : trois mots pour la même réalité
PARTIE 3 : Le chemin de la guérison – ce qu’il faut vraiment faire
[Dossier] Ce qu’il faut comprendre pour avancer
Ma philosophie
Sensibiliser, former, agir : parce que la différence n’est pas un handicap.
« Aujourd’hui, on médicalise ce que l’on ne comprend pas.
Des milliers d’enfants, d’adolescents et d’adultes atypiques se retrouvent étiquetés, diagnostiqués, traités… alors que bien souvent, ils sont simplement épuisés d’avoir dû s’adapter à des environnements mal informés, mal préparés, mal outillés.
Le problème n’est pas la différence. Le problème, c’est le manque de connaissance.
Si autant de jeunes s’effondrent, si autant d’adultes atypiques sombrent dans le burnout, ce n’est pas par faiblesse, ce n’est pas une fatalité. C’est parce que le monde autour d’eux n’a pas appris à les comprendre.
Le vrai danger, c’est l’ignorance.
Le vrai problème, c’est le manque de remise en question de nos habitudes, de nos façons de faire, de nos cadres.
Et ce manque de connaissance a un coût humain immense. Des talents qui se brisent. Des potentiels qui se ferment. Des vies entières marquées par l’échec scolaire ou l’effondrement professionnel.
C’est pour ça que je suis ici.
Pour informer. Pour sensibiliser. Pour former. Pour accompagner.
Pour qu’on arrête de chercher ce qui “ne va pas” chez les individus et qu’on commence enfin à regarder ce que l’on peut changer autour d’eux.
Il existe des solutions. Simples. Concrètes. Adaptées. Mais pour les mettre en place, il faut commencer par oser se remettre en question.
Ce n’est pas une révolution médicale qu’il faut. C’est une révolution éducative. Une révolution culturelle.
La différence n’est pas une faiblesse à corriger. C’est une richesse à comprendre, un potentiel à libérer.
Ensemble, on peut faire mieux. Pour eux. Pour nous tous. »
Ma mission
J’ai choisi de créer un espace où l’on regarde autrement :
- Où la souffrance n’est pas minimisée, mais comprise comme un signal d’alerte.
- Où l’on cherche à adapter l’environnement, plutôt que d’exiger que la personne se suradapte.
- Où l’on redonne du pouvoir à chacun grâce à la psychoéducation, la transmission et des outils concrets.
- Où la différence devient un potentiel, et non un fardeau.
Ce que je défends :
Réparer les injustices
Je suis révoltée par les violences institutionnelles et les erreurs de diagnostic qui brisent les adolescents atypiques.
Ce qui me porte, c’est réparer ce que le système a cassé : leur confiance en eux, leur droit d’exister tels qu’ils sont.
Je refuse que l’on force des jeunes à s’adapter à un système inadapté.
Valoriser l’unicité
Ce qui me fait vibrer, c’est voir un jeune atypique reprendre confiance, comprendre qu’il n’est pas “cassé”, mais simplement différent, avec des besoins spécifiques.
Je veux leur redonner le droit de s’élever, de créer, de contribuer — sans avoir à s’excuser d’être qui ils sont.
Transmettre des clés d’autonomie
La psychoéducation est au cœur de ma démarche.
Mon rôle n’est pas seulement d’aider, mais de rendre capable : donner des outils, des repères, des compréhensions puissantes.
Je veux que chaque jeune puisse se dire : « J’ai compris ce qui m’arrive, et je sais quoi faire pour aller mieux. »
Dénoncer l’injonction à la normalité
Ma mission est d’ouvrir un autre chemin, loin du « fais des efforts, adapte-toi », pour aller vers « connais-toi, respecte-toi, et adapte le monde autour de toi. »
Offrir une alternative humaine et intelligente
Beaucoup de jeunes que j’accompagne ont été cassés par les bonnes intentions des autres.
Je suis là pour raccrocher les morceaux, redonner du sens, et permettre de se projeter à nouveau.
Mon rôle est de leur offrir une alternative, humaine, intelligente et respectueuse, face à la violence psychologique qu’ils ont subie.
Ce cabinet est né de la conviction profonde qu’un autre accompagnement est possible.
Ici, il n’est pas question de rendre les atypiques “normaux”, ni de leur demander de se plier à un modèle qui les abîme.
Ce que je propose, c’est un accompagnement différent : comprendre, transmettre et soutenir, pour que chaque jeune, chaque adulte et chaque famille retrouve de la clarté, de la dignité et un chemin qui leur ressemble.
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